Le Trou Normand : au-delà d’une tradition !

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Mangeaille gargantuesque, repas gastronomique ou dîner familial, le Trou Normand s’est fait une place de renom sur toutes les tables.
Véritable pause digestive, ce breuvage à base de Calvados a su se rendre indispensable au fil du temps, en France et hors de nos frontières, sans jamais se ternir.
L’histoire de cette tradition normande maintes fois imitée mais jamais égalée.

Les origines lointaines de cette tradition normande qui perdure

Le Trou Normand évoque pour les cinéphiles une scène mémorable dans « La zizanie », long métrage réalisé par Claude Zidi, dans laquelle Louis de Funès joue le rôle d’un industriel français expliquant de façon grotesque à ses convives japonais cette fameuse tradition régionale.

Mais la paternité de cette coutume gastronomique revient-elle exclusivement à l’ancien peuple viking ? Les origines du Trou Normand sont controversées, pourtant n’en déplaise aux autres régions, c’est l’appellation « made in Normandie » qui a su s’imposer et traverser les siècles et les mers.

La genèse

C’est en mars 1553 que « l’élixir », base du Trou Normand, fait son apparition. Sire Gille de Gouberville, dans son château du Mesnil-au-Val, distille pour la première fois son cidre pour en faire de l’eau-de-vie sans se douter que celle-ci donnerait un jour naissance à une tradition gastronomique normande.

Au XIXème siècle, le Trou Normand trouve officiellement sa place lors des repas. En témoignent les œuvres de certains écrivains qui font allusion à cette coutume, notamment Gustave Flaubert dans « Bouvard et Pécuchet » en 1881.

Le cérémonial

La tradition veut que le maître de maison invite ses convives au milieu du repas à lever leur verre à moitié rempli de Calvados pour le humer et ensuite le boire cul-sec. Depuis 1989, les plus audacieux peuvent, s’ils le désirent, entonner l’hymne du Trou Normand composé par Jacques Bauny dont les paroles en disent long sur la convivialité du moment :

« Ami lève ton verre
Car voici le moment
D’un trait et sans manière
Calvados pure eau-de-vie
Tu nous aides à digérer
Et dans notre confrérie
Tu as l’âme des chevaliers
À faire le Trou Normand »

Les vertus

Initialement servi entre deux plats, les « Normands » confèrent à leur breuvage éponyme des qualités thérapeutiques. Il permettrait de stimuler l’estomac, en créant une sensation de vide (le fameux « trou ») afin que le sujet puisse continuer à manger sans effet de satiété, de ballonnement ou de lourdeur. Avalé en une seule gorgée, il faciliterait et optimiserait le processus de digestion. On dit également que le Calvados brûlerait les graisses !

La confrérie du Trou Normand, c’est du sérieux !

Le Grand Ordre du Trou Normand des Calvados, Cidres et Pommeau créé en 1997, est une union libre regroupant La Confrérie des Chevaliers du Trou Normand (1966), Le Grand Ordre des Calvados (1986) et l’Académie des Gentes Dames du Pommeau (1988).

Son objectif, promouvoir en France, en Europe et dans le monde, la qualité des produits cidricoles normands d’appellation d’origine contrôlée, par l’intermédiaire de plusieurs milliers de chevaliers dont la devise est «  Bois peu, mais bon !»

Et aujourd’hui …

Même si cette pause régénératrice garde toujours ses titres de noblesse lors des repas, la tradition normande s’est quelque peu transformée ; le Calvados est désormais accompagné d’un sorbet, souvent à la pomme.

Ce fond glacé assorti d’une larme d’alcool est généralement servi après le plat de résistance, pour mieux apprécier les fromages, normands de surcroît, et les desserts qui suivront.

Cette « potion magique » inventée par les Normands a souvent été reprise et de nombreuses recettes dérivées ont trouvé leur place sur les tables.

Sorbet à la poire et eau-de-vie de poire, sorbet citron et vodka, sorbet d’ananas et kirsch, Tequila frappée… Mais ne vous méprenez pas, toutes ces recettes n’ont en commun que leur nom, le Trou Normand.

 

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